Marché de Daraw, temple de Kom Ombo et baignade dans le Nil translucide

Ce n’est pas la meilleure nuit que j’ai passé malgré un cadre idyllique. J’ai eu un peu froid la première partie de la nuit, il y avait une grosse fête jusqu’au petit matin dans un village assez éloigné mais pas suffisamment, et le fameux appel à la prière à 5 heures du matin. Enfin « le » fameux, il faudrait plutôt dire « les » fameux car nous devions entendre les appels d’au moins 10 mosquées à la ronde.

A 6h50, c’est le réveil officiel. Nous débutons cette journée par un trio de tâches en une seule : douche, toilette et réveil musculaire, directement dans le Nil. Elle est fraîche, mais Louli notre cuisinier ne me laisse pas le temps de m’adapter à la température : il m’éclabousse intégralement !

Il nous avait expliqué que le bateau nous récupèrerait au fil du Nil, car c’est l’heure de partir. La felouque n’hisse pas la grand voile, il n’y a pas de vent et le courant est suffisant. Il est même assez puissant. Au moment de contourner le bateau, je sens que celui-ci m’entraîne. Je nage donc à contre-courant, mais même en appuyant les mouvements, je recule. Le paysage défile en sens inverse de ma nage. Le courant est plus fort que ma superbe brasse non homologuée mais très efficace pour garder les cheveux secs. Notre bateau est à son tour emporté par le courant mais je constate que, en me laissant porter par les eaux, je dérive plus vite que notre bateau. Je reste donc prudente, et nage en direction de notre felouque.

Arrivée à sa hauteur, il y a une corde qui traîne. Je m’en sers pour m’en faire un hamac dans l’eau. Alors là je suis royale ! J’observe Chaton qui nage en direction du courant. Il est dingue ! Comment va-t-il faire pour revenir. C’est justement à ce moment-là qu’il lève la tête en direction du bateau. Il fait demi-tour. Je crois qu’il vient de saisir la situation !

chatoune se baigne dans le nil depuis la felouque
chatoune se baigne dans le nil depuis la felouque
chatoune se baigne dans le nil depuis la felouque

Il lui en aura fallu, du temps, pour revenir jusqu’au bateau ! Et pas en nage indienne pour le mono-brushing ! Il fait un crawl bien homologué et efficace. Il arrive complètement essoufflé ! On finit par éclater de rire tous les deux !

On repense à nos voyages en Thaïlande ou un peu partout en Asie. Là-bas, il faut porter un gilet de sauvetage pour aller dans 50 cm d’eau. Ici, on te dit d’aller barboter dans le Nil et qu’on viendra te récupérer en bateau, Inch’Allah ! Chaton et moi avons bien songé à rejoindre les berges mais celles-ci n’étaient pas vraiment accessibles. Devant, il y avait un large mur de grandes herbes peu engageant qui les rendaient difficilement joignables.

Ils sont vraiment détendus ces Egyptiens ! On va en rigoler longtemps !

Nous remontons sur notre felouque et nous laissons porter par le courant. Jusqu’à atteindre le port de Daraw. Enfin juste à côté ! Notre capitaine fait la sieste, c’est notre matelot et notre cuisinier qui s’occupent de la navigation. Et ils sont un peu moins précis ! Ils sont obligés de tirer notre bateau à la corde depuis la terre ferme, non sans déranger les gens du coin en train de se raser et de se doucher dans le Nil… Marrant !

Même les locaux marchandent ferme entre eux. Nous devions rejoindre le centre-ville en tuk-tuk, mais notre guide n’arrive pas à se mettre d’accord sur le tarif avec le chauffeur. Nous nous y rendons donc à pied. Un quart d’heure de marche, ça va, on devrait s’en remettre.

Ici, c’est l’effervescence ! Le marché a lieu tous les jours, mais le mardi, il est beaucoup plus important que les autres jours. Les cuisiniers de notre felouque et de celle des Belges sont là pour y faire les courses. J’ai commandé de la viande de dromadaire ! A voir s’ils vont pouvoir accéder à ma requête.

Nous arrivons maintenant au marché des animaux. Il s’agirait du plus grand de toute l’Afrique ! On a du mal à y entrer : c’est complètement bouché de véhicules, chargés de bestiaux bien sûr. On a beau être à pied, on galère à se faufiler.

Et une fois à l’intérieur, c’est maintenant entre les vaches qu’il faut trouver un passage ! Encore moins rassurant que les camionnettes ! Surtout qu’on vient de voir un enfant se prendre un coup de sabot. On se tient sur nos gardes. Quel joyeux bordel ! Pour le coup, c’est vraiment dépaysant ! Folklorique !

Le marché est découpé en plusieurs aires : pour les vaches, pour les chèvres, pour les ânes, pour les dromadaires, pour le matériel lié à l’agriculture et l’élevage, pour manger, pour se reposer.

On déambule un moment dans ce bazar bien organisé et retournons dans le centre-ville.

Nous prenons du jus de canne fraîchement pressé sous nos yeux.

machine pour faire du jus de canne

Hamzi nous propose ensuite de soit manger, soit enchaîner par la visite du temple de Kom Ombo. On choisit la deuxième option.

Il s’agit d’un temple dédié à deux dieux, ce qui est assez unique. Sobek, le dieu des crocodiles et Haroëris, le dieu à tête d’épervier. Il fut construit pendant la dynastie des Ptolémée (180-47 av. J.-C.).

Notre guide nous raconte les histoires de ces dieux qui expliquent la construction de ce temple. Il nous interpelle sur certaines gravures : les dessins associés aux écritures hiéroglyphiques permettent d’affirmer que les Egyptiens étaient particulièrement avancés dans certains domaines. La médecine, le calendrier

Nous enchaînons avec le musée du crocodile, situé au pied du temple. A l’intérieur, un très grand nombre de crocodiles momifiés. De toutes les tailles. Même des œufs !

Nous retournons à bord de notre felouque, amarrée au pied du temple. Nous y déjeunons, un repas encore très bon. Puis nous naviguons une petite heure. Juste le temps de se prélasser et d’admirer les rives du Nil, toujours autant sauvages. Il n’y a pas une seule construction pour dénaturer ce fleuve. Toujours du vert et de l’ocre. De la végétation et du sable. On ne s’en lasse pas.

Nous accostons sur une mini plage, porte d’entrée du désert. On ne se fait pas prier pour se jeter dans l’eau. Chatounette en profite pour construire des pyramides de sable et sauter dans les dunes. Tous les trois, nous explorons également les alentours. On resterait bien une semaine de plus à cet endroit !

Finalement, nous y resterons pour y passer la nuit. Louli est déjà aux fourneaux, et nous donne un petit aperçu de notre dîner en guise d’amuse-gueule : du dromadaire ! Nous trouvons que cela est un mélange de mouton et de bœuf. Pas mauvais du tout !

Hamzi propose une petite balade à pied. Les Belges et Chaton y vont, mais Chatounette et moi déclinons. Je souhaiterai rédiger cette journée et trier mes photos et Chatounette n’a pas envie de bouger. Elle n’y gagne pas forcément au change, car elle doit faire ses devoirs. Chaton en reviendra content d’avoir marché mais apparemment nous n’avons rien raté.

Le dîner est servi, puis je m’écroule presque dans mon assiette. Chaton et Chatounette en feront autant peu après moi.

Pratique :

Croisière en felouque : Les Gréements du Nil, 4 jours et demi et 4 nuits, 280 euros par adulte, 200 euros par enfant, prévoir en supplément 1800 LE de pourboire (100 euros), visites et repas inclus. On recommande vivement! Certainement notre meilleur souvenir de notre voyage en Egypte. Par contre, à éviter en hiver, à privilégier en été (car nuits plus chaudes et moins de bateaux de croisières bruyants)

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3 Comments

  1. Hey…coucou mes aventuriers préférés…
    Le marché aux animaux, je dirai que c’est beaucoup mieux que le salon de l’agriculture!! beaucoup moins de chichi et plus près des bêtes! Heu…vous n’avez rien acheter? Roxane, après les poules, tu ne voulais pas un « chamelon » ( petit du dromadaire…j’ai regardé sur google!!)
    Vraiment super la felouque, la remontée du Nil…whaou
    Et des vrais crocodiles sur les bords du Nil, vous n’en avez jamais rencontré?
    Allez, à mercredi, veille de votre retour pour la suite de votre voyage.
    Super Math pour ce blog, les vidéos et les photos sont top top top
    Bisouxxx

  2. On a bien ramené un chamelon (merci pour ton savoir), mais en bifteck 😬
    Les crocodiles « sur les bords du Nil ils sont partis » alors n’en parlons plus ! Il en resterait sur le lac Nasser, mais aucun sur le Nil. Ou juste pour faire peur aux touristes ! Louli, notre felouquier, s’en est bien amusé !

  3. On est loin des marchés français avec leurs exigences sanitaires…

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