Chaque année ou presque, nous partons 2/3 mois en voyage à l’étranger. Toujours PENDANT le temps scolaire. On vous explique comment nous procédons.

En amont du voyage

De bonnes relations avec l’école référente

Lors de notre premier voyage, Chatounette avait 4 ans. Nous sommes partis début septembre et sommes rentrés fin novembre. Chatounette n’est donc rentrée en Moyenne Section qu’au mois de décembre. L’école où elle était scolarisée en Petite Section a été très compréhensible et favorable à notre démarche.

Je pense qu’il est important d’expliquer ce projet à l’école en amont. Parmi les arguments avancés : Chatounette aura du travail scolaire pendant le voyage, elle aura un enrichissement lié au voyage (nous ne partons pas nous dorer la pilule pendant 3 mois sur une plage, nous faisons de l’itinérance en visitant ) et cela nous permet de passer du temps avec elle car notre vie de saisonnier (surtout à ce moment là) ne nous aurait offert que 2 semaines de vacances en commun avec elle sur toute une année.

Pendant ce voyage, bien que Chatounette ne soit qu’en maternelle, nous la faisions donc « travailler » régulièrement. Et comme nous savions que nous allions poursuivre les voyages au-delà de l’école maternelle, nous voulions lui inculquer ces bonnes habitudes de travail en voyage dès son plus jeune âge.

Par la suite, lorsqu’elle est entrée en primaire, je demandais la programmation à la maîtresse, un document obligatoire pour elle et qui permet de voir les notions qui seront travaillées à telle période de l’année. Les différentes maîtresse ont toujours accepté de me le fournir.

La paperasse administrative

« Instruction en famille» ou autorisation d’absence pour « suivre un parent qui part à l‘étranger » ?

Lorsqu’il a fallu justifier auprès de l’Education Nationale les 3 mois d’absence de notre fille à l’école, on était un peu penaud.

Je me suis dit (connaissant un peu l’administration de l’Education Nationale pour y être professeur des écoles) qu’en envoyant notre demande d’« instruction en famille» courant juillet-août, on devrait être tranquille pour partir tout début septembre. On n’aurait pas de refus avant le jour J.

Et effectivement, le jour du départ, toujours pas de nouvelles.

A mi-voyage, mes parents, qui étaient chargés de relever le courrier régulièrement m’informent qu’il y a une lettre venant de l’Inspection Académique du Val d’Oise. Ils l’ouvrent et le verdict tombe. L’instruction en famille est accordée mais ils nous demandent de les contacter dès notre retour en France afin d’évaluer le niveau de notre fille pour déterminer si elle pourra ou non reprendre l’école dans le niveau normal, c’est à dire en Moyenne Section.

Lorsque nous rentrons de notre voyage, nous appelons directement l’école où elle était scolarisée : « Allo, c’est nous, on est rentré, est-ce que Chatounette peut reprendre l’école demain ? ». « Oui ? Super ! A demain !».

L’école nous demande simplement de prévenir la Mairie afin de pouvoir l’inscrire à la cantine.

Le lendemain, après avoir déposé ma fille à l’école, j’appelle l’Inspection académique. « Alors oui, pour pouvoir inscrire à nouveau votre fille dans l’école, nous allons devoir la tester pour voir si elle a le niveau de reprendre avec ses anciens camarades ». « Ah bon ? Mais elle a déjà repris l’école ce matin ! ». « Ah bon ? Bon ba d’accord, pas de test, aurevoir ! ».

Lors du voyage suivant, je découvre ce motif d’absence autorisé : « suivre un parent qui part à l’étranger ». J’envoie donc à l’inspection une demande d’autorisation d’absence sous prétexte que nous partons 3 mois à l’étranger. Réponse de l’inspection : « non, vous devez nous envoyer une demande d’instruction en famille». Soit. Je le fais.

Voyage suivant. Je ne veux pas perdre de temps avec la paperasse, je demande directement une « instruction en famille». Réponse de l’Inspection : « C’est pour mai et juin ? Non mais à cette période, les élèves ne font plus rien ! Envoyez simplement une demande d’absence pour « suivre un parent qui part à l’étranger ! » ». En tant que professeur des écoles, j’étais folle ! « Quoi ? On ne fait plus rien mai juin !!!! Et c’est le discours de l’Inspection à tous les parents ??? Mais si je ne fais rien pendant 2 mois mes élèves se transforment en singes ! Laisse tomber le bordel ! Ils me retournent la classe en moins de deux! ». J’étais vraiment hors de moi ! Mais pas le temps pour lancer des tracs et organiser des manifestations. Je fais ma demande d’autorisation d’absence et point barre. Celle-ci m’est accordée.

A côté de cela, j’ai une amie en Savoie qui galère pour faire rater à ses filles 2 semaines d’école. Ils sont saisonniers, mais à l’année. Donc s’ils veulent partir en vacances avec leurs filles, ils doivent leur faire rater l’école. Mais dans ce département, le discours n’est pas le même. Ils subissent des pressions très lourdes. Pas la même ambiance.

Après, s’absenter 2 semaines ou 3 mois, ce n’est pas la même chose. Il semblerait donc bien plus facile de partir longtemps.

Mais je pense que cela dépend surtout de l’Académie où on réside, de la personne à qui l’on s’adresse et des volontés politiques…

Alors à la question « Instruction en famille ou autorisation d’absence pour suivre un parent qui part à l’étranger?« , je n’ai pas la réponse….

Le matériel à emporter

En maternelle, une trousse bien garnie avec des cahiers de vacances étaient suffisants. Enfin, si l’on parle uniquement de matériel scolaire dans son sens stricte. Car nous avions plusieurs jeux de sociétés et Chatounette avait également emporté tout un tas de petits jouets, tout autant important à son développement. Les supports pédagogiques étaient en grandeur nature : Parcs Nationaux, découverte de la faune et de la flore, de paysages variés, de moyens de transports, de coutumes locales…

En primaire, nous avons opté pour des supports disponibles en ligne. En effet, pour gagner du poids dans nos sacs à dos, la version en ligne de Cap Maths est bien plus légère que le fichier élève, le guide du maître et le fichier pour le matériel. Trois gros livres en moins dans nos sacs! Par contre, comme nous n’avions pas d’imprimante et que Cap Maths requiert beaucoup de manipulations avec du petit matériel souvent à imprimer, je décalquais ledit matériel en posant une feuille blanche sur mon écran d’ordinateur.

Autre astuce pour gagner du poids : la pochette transparente. En y glissant une feuille dedans, on a l’ardoise la plus légère du monde. En l’ouvrant sur la longueur, on peut y glisser l’écran de son ordinateur : plus qu’à réaliser l’exercice directement sur l’écran au feutre Velleda.

Je conseille également d’utiliser les mêmes livres que ceux utilisés par les maîtresses. Lorsque Chatounette retournait à l’école, elle connaissait déjà très bien les manuels et leur fonctionnement.

Pendant le voyage

Le rythme

Beaucoup vous diront que c’est important d’avoir des horaires fixes et de privilégier le matin pour faire l’école. Je pense en effet que c’est une bonne chose.

Mais ce n’est pas du tout ce que nous faisons!

Chatounette travaille un coup le matin, un coup le soir, un coup l’après-midi… Rien n’est établi à l’avance! Tout comme notre voyage en fait.

Un long trajet qui secoue dans tous les sens? On révise les tables de multiplications, les leçons, les poésies, on fait du calcul mental.

Trois jours intensifs de visites? Pas de devoirs pendant trois jours!

Une semaine sur une île paradisiaque? Devoirs matin, midi et soir.

On essaye quand même, dans la mesure du possible, de travailler deux heures par jours, six jours sur sept. C’est une base, et on compense ensuite comme expliqué juste au-dessus.

On supprime aussi les vacances scolaires. Bon, sur ce point là, on se fait à chaque fois assassiner par les grands-mères et les tatas qui nous menacent de faire un signalement auprès de la protection de l’enfance si on ne laisse pas Chatounette en vacances… Elles arrivent au bout de quelques jours à balancer l’info à notre fille (complètement déconnectée de la date et donc des périodes de vacances) et du coup on trouve un compromis.

Mais avec ce rythme, un peu en dilettante, on arrive toujours à être en avance sur les programmes. En deux mois, on fait le programme des trois mois. Donc le dernier mois, on révise un peu tout et on prend un peu d’avance.

Avec papa ou avec maman?

Etant professeur des écoles, c’est tout naturellement moi, la maman, qui me suis attelée à la tâche.

Mais pendant le voyage, je rédige tous les jours un article de notre journée sur le blog. Par moment, Chaton prend donc le relais. Et il y prend vraiment du plaisir.

Les salles de classe

Elles ne sont pas souvent homologuées…

Quand il y a une chaise et une table, c’est le grand confort. Et alors quand il y a en plus de l’électricité, c’est le grand luxe!

Celle qui nous a le plus marqué, c’est celle à Sambave à Madagascar, où nous attendions notre taxi-brousse. Il y en avait pour plus d’une heure à attendre alors nous en avons profité pour sortir les cahiers. C’était bruyant, poussiéreux, on était mal installé et les poules étaient de la partie! Epique!

Et puis il y a toutes celles qui feraient rêver plus d’un élève, les pieds dans le sable et la mer en paysage, si ce n’est pas la piscine entre les deux. Par contre, dans ces endroits-là, il faut réussir à motiver son enfant pour le mettre au travail!

Après le voyage

Nous n’avons jamais été embêtés par des tests de l’Inspection Académique au retour en classe. Il faut dire que Chatounette est bonne élève et que son école est habituée aux absences répétées de notre fille. Car en plus des trois mois de voyage, elle s’absente également quatre mois le temps de la saison hiver.

Lorsque Chatounette retourne à l’école, elle fait un petit exposé sur notre voyage. Nous imprimons des photos et elle raconte ce qu’elle a vu et fait.

Elle se remet tout de suite dans le bain et est toujours contente de retourner à l’école, surtout pour retrouver ses amis!

Et vous, prêts à faire l’école à votre enfant? Ça se passe comment en voyage? Dites-le nous dans les commentaires!

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