Ce matin, nous quittons notre petit havre de paix. Chatounette et Chaton se baignent une dernière fois face à notre logement avant de boucler nos sacs à dos.

Estimation de notre prochain trajet : 15 minutes en scooter. Cela fait-il 30 minutes en taxi-brousse ? Suspens !

Nous marchons à peine 10 minutes pour rejoindre la route et héler un taxi-brousse. Nous savons que les taxi-brousse risquent d’arriver plein devant nous, et que nous ne pourrons donc pas tous monter en même temps, nous avons donc au préalable déterminé un endroit où nous retrouver à notre futur destination : l’hôtel Hibiscus de Mahambo.

Le premier taxi-brousse s’arrête devant nous mais il fait peur à voir : état lamentable et surcharge aussi bien sur le toit qu’à l’intérieur. J’ai honte d’y envoyer Pépère et Mamisa…

Surtout que, pendant ce temps-là, Chaton a fait de l’auto-stop qui s’est avéré efficace et un magnifique 4×4 dernière génération nous attend sur le bas-côté.

Nous chargeons nos sacs à dos dans le grand coffre et montons à bord. Nous sommes les seuls à l’arrière ! Et il y a la clim’ ! Et pas la musique à fond ! Mon Dieu quel luxe ! J’ai vraiment honte ! Nous aurions dû échanger nos places avec Pépère et Mamisa mais c’était trop tard…

Même avec un 4×4, une route défoncée, c’est une route défoncée. A chaque trou, cela crée l’hilarité pour Chatounette qui bondit au plafond et la culpabilité pour moi. Pauvres Pépère et Mamisa…

Nous discutons avec le conducteur ou plutôt son voisin qui est fort sympathique. Lorsque nous disons que nous étions à Tamatave, il nous demande si nous nous sommes rués à la pharmacie. « Euh….Pourquoi aurions-nous fait cela ? Nous aurions dû ? ».

Il nous raconte que le 2 et le 4 septembre, il y a eu 2 cas mortels de peste, et l’information d’une épidémie de peste a été divulguée il y a deux jours. Tous les habitants de Tamatave, tous sans exception, ont couru à la pharmacie pour acheter tel médicament, médicament inefficace d’après lui car il n’y aurait aucun médicament efficace contre la peste…. Eh bien c’est rassurant cette histoire!

Au bout de 40 minutes de trajet (donc 1h en taxi-brousse ?), nous arrivons à Mahambo. Notre chauffeur nous dépose sur le bord de la route, la plage se trouve au bout de la piste perpendiculaire, à 2,5 km. Nous ne prenons pas le pousse-pousse qui fait le piquet et partons à pied. Je ne suis pas mécontente d’arriver : nos sacs sont vraiment trop lourds!

Je jette mes sacs au pied d’un café ombragé face à la mer, et pars arpenter les environs pour voir si je ne trouve pas mieux que l’hôtel Hibiscus. En attendant, Chaton surveille les sacs et Chatounette qui file se baigner dans la mer.

Je longe la plage en direction de l’hôtel visé. Je ne passe que devant un seul hôtel qui a l’air pas mal (très moderne) mais froid, pas cosy, chaleureux. Je poursuis ma route. L’hôtel suivant, c’est l’hôtel Hibiscus. A ma grande surprise, Pépère et Mamisa y sont déjà. Ils ont dû sacrément rebondir dans leur taxi-brousse! Ou alors, ils étaient tellement serrés que rien n’a bougé…

L’endroit est paradisiaque ! C’est magnifique, charmant comme tout, un mélange de style malgache et de modernité, juste « Whaou ! ». Sauf que l’endroit est fermé. Nous discutons avec le propriétaire, fort sympathique, qui nous dirige vers l’endroit précédent et nous déconseille les logements du village si nous ne voulons pas nous faire dépouiller… Après avoir découvert cet endroit idyllique, il va être difficile de trouver chaussure à notre pied.

Le logement précédent n’accepte aucun enfant, le logement suivant est pas mal mais ne donne pas sur la plage, celui d’après est hors de prix, celui encore après est trop crade…. Je rends l’éponge et retourne aux sacs à dos où Pépère prend mon relais.

Finalement, nous choisissons le logement un peu en retrait de la plage. Il est presque deux fois plus cher que notre logement précédent et n’a pas le wifi. Et l’électricité, c’est 1H30 par jour… Et l’accueil y est plutôt froid ! Grrr ! La transition est toujours compliquée lorsqu’on quitte un lieu où l’on se sentait bien… Peut-être qu’après une nuit passée ici, nous nous y plairons plus.

Pour l’heure, à table ! Au menu, c’est poisson, accompagné de riz et de frites. Nous avons le choix entre poisson grillé ou  poisson frit.

A la fin du repas, Chaton et moi partons à la ville suivante, Fenerive, pour retirer de l’argent car il n’y a aucune banque dans celle-ci. Nous voulions louer un scooter pour nous y rendre mais l’heure tardive et les prix exagérés de la location nous font choisir le taxi-brousse.

C’est reparti pour 2,5 km à pied, 10 minutes d’attente et 35 minutes de taxi-brousse. La ville de Fenerive où nous arrivons ne donne pas envie d’y passer ses vacances : c’est poussiéreux et bruyant. Nous nous faisons déposer devant le distributeur automatique puis remontons la ville à pied.

Le prochain taxi-brousse à partir ne nous inspire pas confiance et les prix sont encore plus élevés qu’à l’aller. Nous continuons à pied.

En chemin, un cyber café ! Nous en profitons pour régler quelques formalités et rassurer nos familles de nos absences de nouvelles.

Maintenant, les taxi-brousse qui nous doublent sont pleins et ne prennent même plus la peine de s’arrêter devant nous. Nous continuons d’avancer mais nous commençons à nous dire que nous allons peut-être faire la quinzaine de bornes qui nous sépare de Mahambo à pied. Et le soleil commence à tomber… Au bout de ¾ d’heure de marche et d’auto-stop, une voiture, enfin une épave de 405, s’arrête à notre hauteur et nous embarque.

A l’arrière, une femme et son fils ; à l’avant, deux hommes. Nous nous serrons à l’arrière et discutons avec ceux à l’avant. Une de leur première question : « Comment trouvons-nous la bière malgache ? ». De fil en aiguille, nous apprenons qu’ils habitent Tamatave, qu’ils étaient en déplacements jusqu’à ??? et que maintenant ils en reviennent. Juste un rapide aller-retour. Je repense à l’histoire de la peste et constate que le petit à l’arrière n’arrête pas de tousser. Et s’il avait la peste ? Quels en sont les symptômes d’ailleurs ? Je commence à me faire tout un film et me révulse presque lorsque Chaton lui caresse la tête. Si nous crevons sur place, faîtes-nous faire le test de la peste !

Arrivés à Mahambo, nous parcourons une fois de plus les 2,5 km qui nous séparent de la mer, cette fois dans le noir total. Quelques chandelles sont allumées par endroit et les quelques phares des véhicules nous permettent d’y voir un peu. L’avantage, c’est que nous bénéficions d’un ciel étoilé magnifique, la lumière électrique ne venant pas polluer notre vue.

Arrivés à notre logement, Mamisa fait faire les devoirs à Chatounette et souffle de soulagement en nous voyant arriver. Elle commençait sérieusement à s’inquiéter pour nous.

Au moment de passer à la douche, j’ouvre d’abord le robinet pour vérifier si nous avons de l’eau chaude. L’eau coule d’abord froide puis… ne coule plus du tout ! En fait, il faut attendre le créneau 18h-19h30 pour que la pompe à eau fonctionne. C’est aussi le créneau pour recharger tout ce qui se recharge. Et dîner si nous ne voulons pas manger dans le noir !

Au menu cette fois-ci, 3 options : Min-sao (du nasi-goreng où l’on remplace le riz par des spaghettis), poisson ou steak de zébu.

Nous dînons, nouveau jeu de société, et au lit.

Pratique :

Transport : Foulpointe-Mahambo, 3000 A en taxi-brousse, 45 minutes.

Mahambo-Fénérive-Est, 2500 A en taxi-brousse, 35 minutes.

Location d’un scooter : 40000 A la demi-journée.

Logement : Ylang-Ylang : 50000 A le bungalow, négocié à 40000 car nous en prenons 2 et restons 3 nuits, 1 lit double et 1 lit simple avec moustiquaire rectangulaire, eau chaude et électricité de 18h à 19h30, à 50m de la plage.

Spot de surf à 2km de Mahambo.

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