Snorkeling by night à Marantale

La veille, nous avions convenu d’un départ pour la plage vers 9h. J’avais mis le réveil à sonner à 8h40, et c’est en sursaut que j’ouvre les yeux à 9h30. Mais je n’avais pas à m’en faire, je suis la première levée… Ça roupille encore et j’en profite pour rattraper mon retard sur le blog.

Mama, la matriarche, nous chouchoute comme des rois ! Ce matin, nous avons droit à un large choix de pâtisseries et des bananes frites. Je m’empiffre comme si je n’avais pas mangé depuis 6 mois.

Les garçons émergent au compte-goutte et se posent devant la télé pour regarder un grand prix de moto, puis une demi-heure après, Mama nous appelle pour le déjeuner. Euh… ça va être compliqué de manger, là ! On sort tout juste de table ! J’arrive à faire passer 4 mini-brochettes de chicken saté, et je rends l’éponge. Le temps de manger, une deuxième manche de moto se remet en marche. On doit donc attendre que cela se termine pour décoller.

Petit-déjeuner indonésien dans notre famille d'hôte à Palu

Il faut ensuite passer prendre Najim qui se trouve chez les parents de Tamisya (et n’a pas encore fini de manger). Nous en profitons pour visiter la maison qui est encore en construction. Un palais ! C’est immense. C’est un architecte européen qui a dessiné les plans. Nous repassons ensuite d’où nous venons pour récupérer cette fois Ilha et Tamisya. Mais Tamisya n’a pas encore l’autorisation de son père, il faut donc retourner à sa maison, où nous étions.

Nous sommes enfin tous dans la voiture ! Que c’est compliqué de décoller. Il faut ensuite faire le plein d’essence et passer à l’épicerie pour faire le plein de gâteaux. Deux minutes après, encore une pause : Oula veut prier à la mosquée…

Il est 15h20 lorsque nous partons pour de bon. Pour un départ prévu initialement à 9 heures… Comme la veille, il y a 2 heures de trajet. Sauf que, autant pour dîner ce n’est pas bien gênant d’être dans le noir, autant que pour le snorkeling, c’est un peu plus compliqué.

Arrivés sur les lieux, nous faisons 5 demi-tours pour trouver l’endroit. Nous nous arrêtons notamment à un vendeur de pierres précieuses pour prendre des renseignements.

Nous ne comprenons pas trop ce qu’il se passe mais en gros : ils cherchent un pêcheur pour nous conduire là où il y aura des coraux. Un homme s’en charge, il part en scooter en trouver un.

Je profite de ce moment d’attente pour suivre Tamisya qui a réclamé les toilettes. J’embarque Chatounette avec moi. On nous conduit dans une maison. Dans la cuisine, un repas mijote sur le feu. Et quand je dis « le feu », il faut s’imaginer l’époque de la préhistoire : feu au petit bois, à même le sol, cerclé de grosses pierres où est posée, de façon bringuebalante, une casserole.

Une ouverture sur un pan de mur donne dans la « salle de bain », protégée des regards par un grand drap. Je pénètre à l’intérieur mais ne trouve pas les toilettes. Juste des grandes bassines d’eau. Euh… Comment on procède ? Voyant ma tête, Tamisya m’explique comment faire par les gestes. En gros, il faut uriner à même le sol. Ok. Chatounette se soulage, et moi je me dis que je peux me retenir. Nous ressortons et attendons que Tamisya fasse de même. Soudain, j’entends de l’eau couler. Oups ! J’ai oublié de tirer la chasse d’eau verser de l’eau avec la casserole en plastique sur le sol pour évacuer l’urine (il fallait le voir, mais il y a un petit trou dans la dalle en béton).

Finalement, je me décide à y aller tout de même, et pendant que je fais ma petite commission, une question me taraude. Vous devinez laquelle ? En tout cas, je n’ai pas eu la réponse, je ne sais pas comment cela se passe pour la grosse commission.

Nous rejoignons la bande, qui attend toujours l’homme parti en scooter.  Voyant l’heure tourner, on leur dit qu’il serait peut-être mieux de juste aller maintenant nous baigner, et tant pis pour le snorkeling. Ok. On file à la plage. Il faut payer un droit d’entrée, mais à peine avons-nous passé le péage que l’homme parti en scooter réapparaît pour nous dire qu’il a trouvé. Et on repart !

Arrivés au bateau, il fait déjà bien sombre. De plus, le bateau se trouve sur le sable, il faut encore le mettre à l’eau. Et dernier détail, le bateau ne peut contenir que 5 personnes alors que nous sommes 9… Le groupe se scinde en deux. Les moins chanceux nous attendrons sur le bord de la plage.

Et là, grosse crise de rire : le bateau longe la plage sur 50 mètres et s’arrête là. Le bord est à 20 mètres de nous. Avec Chaton, on relâche un peu la pression et on rigole : pourquoi prendre un bateau ? Pourquoi se casser la tête et perdre un temps fou si c’est pour aller à un endroit où nous aurions pu aller à la nage, sans tout ce cirque ?

Tarik nous avait expliqué que le conducteur du bateau avait une lampe, et que donc nous pourrons faire du snorkeling, même de nuit. En pratique, sa lampe est une petite lampe de camping qui ne va en aucun cas sous l’eau ! Elle éclaire tout juste un cercle au sol d’un diamètre de 4 cm.

Enfin, cerise sur le gâteau, il n’y a ni coraux ni poissons. « Ikan tidur ! ». Sûrement que les poissons dorment ! J’exagère quand je dis qu’il n’y avait pas de coraux, mais il faisait tellement sombre qu’on ne distinguait pas grand-chose.

Par contre, l’eau est chaude, et la situation est tellement dépitante qu’elle en devient drôle. Faire du snorkeling de nuit, sans lampe, il fallait y penser. Et surtout, se taper 4 heures de voitures aller-retour pour passer 15 minutes dans l’eau, il fallait le faire ! Et on l’a fait !

Lorsque nous ramenons le bateau à bon port, la nouvelle disant qu’il y avait des blancs dans le coin a bien circulé. Une bonne dizaine d’enfants nous attendent. Tarik me demande si je veux me changer (car bien sûr j’ai dû me baigner habillée), et je lui réponds que j’aimerai bien mais qu’il y a un peu trop de monde à mon goût.

Pas de problème, nous nous rendons dans la maison du pêcheur. J’en profite pour m’y doucher (« salle de bain » éclairée à la chandelle au passage), et lorsque je ressorts, une tripotée d’enfant est là. Nous discutons un petit peu avec le pêcheur, grâce à l’intermédiaire de Tarik, le temps qu’Oula aille faire sa prière. Je lui demande entre autre s’il voit régulièrement des blancs/touristes, et il répond « en 2010 ! » du tac à tac, comme si la date était gravée dans sa mémoire. Cinq ans qu’ils n’ont pas vu de « bule », c’est à dire un touriste en indonésien !

Nous repartons rejoindre le reste de la bande qui en a profité pour acheter une soupe de maïs. Celle-ci se trouve dans deux marmites avec couvercles, et je me dis qu’il doit y en avoir pour plus cher d’ustensiles de cuisine que de nourriture. Nous retournons au vendeur de pierres précieuses pour manger ce repas de fortune, dans une baraque en bois.

soupe de maïs dans baraque en bois à marantale
vendeur de pierre précieuse à Marantale près de Palu

Lorsque nous rentrons à la maison, le repas est prêt. Et le karaoké a été installé dans la maison. Nous avions déjà constaté que cette famille était une famille de très bons chanteurs, et ça se confirme avec un micro à la main. Nos performances vocales à nous sont déjà pitoyables à côté de casseroles, alors à côté d’eux, vous n’imaginez même pas ! Possible que demain il neige ! Et vous connaissez tous Chaton avec un micro ? Hé bien j’ai été contaminée du même virus que lui! Cela dit, ils sont plus que tolérants (je pense qu’ils avaient des boules Quiès dans les oreilles) et nous accompagnent en chantant, tapant dans les mains et dansant. L’ambiance est à son comble. Chaton compense ses lacunes vocales en enflammant le dance floor ! Nous avons chanté ainsi jusqu’à 3 heures du matin, dans la joie et la bonne humeur. Une super soirée ! La dernière avec ceux qui ne nous accompagneront pas aux îles Toggians.

karaoké chez notre famille à Palu, Ilha au micro

Demain, nous sommes censés partir en fin de journée pour les îles Togians, île où il n’y a aucun communication possible : ni par internet, ni par téléphone. Attendez-vous donc à ne plus avoir de nos nouvelles pendant un petit bout de temps. Nous ne savons pas encore combien de temps nous y resterons car cela dépendra de l’endroit, mais possible que nous y restions deux semaines. Je m’excuse déjà pour le gros pavé que vous aurez à lire lors de notre retour à la civilisation !

Pratique :

Chartérisation d’un bateau : 100.000 Rs

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